
En juin 2026, SEKAKOH a organisé deux initiatives complémentaires dans la Forêt d’Ebo, au Cameroun, visant à impliquer directement les communautés locales dans la protection de leur environnement et le développement d’activités durables.
La première initiative, soutenue par Global Forest Watch (GFW), a rassemblé plus de 100 habitants au palais de Somakek. L’objectif était de présenter les résultats de huit mois de surveillance forestière dans l’ensemble de la Forêt d’Ebo. L’équipe de SEKAKOH a expliqué comment les alertes de déforestation sont détectées par satellite, puis transmises aux observateurs forestiers sur le terrain. Jusqu’en mai 2026, 747 alertes ont été visitées et validées. Parmi elles, 356 étaient liées à l’exploitation illégale du bois, 220 à l’agriculture industrielle ou à petite échelle, 100 aux infrastructures routières et électriques, et 71 à des causes naturelles comme le vent ou le vieillissement des arbres. À l’issue des présentations, les participants ont été invités à identifier les causes de déforestation les plus proches de leurs activités quotidiennes. La majorité a reconnu que l’agriculture sur brûlis contribuait à la perte du couvert forestier. Ensemble, ils ont convenu que l’agroforesterie et le reboisement à grande échelle constituaient des réponses pertinentes. La session s’est achevée par une formation sur les mécanismes de dénonciation des crimes environnementaux, avec une procédure claire impliquant le conseil traditionnel, le chef de poste du MINFOF et SEKAKOH, qui peut ensuite plaider pour une réponse rapide des autorités.
La seconde initiative, soutenue par la New England Biolabs Foundation (NEBLF), a visé à promouvoir l’agroforesterie et les alternatives économiques durables. En collaboration avec les habitants, SEKAKOH a identifié les essences agroforestières privilégiées, puis a mis en place une pépinière communautaire. Lors de cette session, des centaines de jeunes plants de pruniers, mandariniers, avocatiers et cocotiers ont été distribués aux membres de la communauté. Les responsables du projet ont ensuite accompagné les bénéficiaires pour planter ces arbres dans leurs plantations de cacao et autres terres agricoles, assurant ainsi une diversification des revenus à long terme. Chaque participant est reparti avec cinq à dix plants. Des démonstrations de plantation ont été organisées dans la ferme du chef, et des visites de suivi sont prévues pour vérifier la reprise des arbres.
Ces initiatives démontrent que la conservation des chimpanzés Nigeria-Cameroun passe par une approche intégrée qui associe surveillance participative et développement d’activités durables. En impliquant les communautés, SEKAKOH crée un cercle vertueux où la protection de la forêt profite à tous.
