Dans la province de Maï-Ndombe, en République Démocratique du Congo, l’ONG Mbou-Mon-Tour (MMT) mène un projet d’écotourisme durable au sein de la Concession Forestière des Communautés Locales de la Rivière Mbali (CFCL-RM). Cette initiative, Cette initiative, soutenue notamment par la Fondation Ashden dans le cadre du programme Thriving Forests, couvre 50 000 hectares de forêt tropicale. Elle vise à protéger la biodiversité tout en améliorant les moyens de subsistance des populations locales.
Une approche intégrée pour la conservation
Le projet repose sur trois axes principaux :
- Construction d’infrastructures écotouristiques : MMT met en place des bungalows traditionnels, une cuisine moderne et un réfectoire communautaire afin d’accueillir les visiteurs dans le respect de l’environnement.
- Renforcement des capacités locales : Les communautés sont formées pour accueillir des groupes plus nombreux et offrir des services de qualité, assurant ainsi la viabilité économique du projet.
- Soutien aux moyens de subsistance : Les revenus générés par l’écotourisme sont partagés entre six villages, soit environ 10 000 habitants. Chaque village gère ces ressources via un comité local, finançant des priorités telles que la santé, l’éducation ou des projets agricoles durables.
Le bonobo, moteur de la conservation
La CFCL-RM abrite le bonobo (Pan paniscus), espèce endémique et en danger critique d’extinction. Sa protection attire les visiteurs et renforce l’intérêt des communautés à préserver leur forêt. Comme le souligne Jean Christophe Bokika, Président de MMT :
« Tant que les forêts abritent les bonobos, les touristes viennent, assurant ainsi des revenus durables. »
Ce modèle d’écotourisme communautaire lie directement conservation de la biodiversité et développement local. En offrant une alternative à la déforestation, à la chasse commerciale et à l’agriculture sur brûlis, il réduit la pression sur les ressources naturelles.
Une gouvernance locale renforcée
Chaque concession forestière dispose d’un plan de gestion validé par les communautés, intégrant des règles d’usage, des mécanismes de suivi et une vision à long terme. Cela permet une gouvernance plus juste et efficace des ressources forestières.
Forte de cette réussite, Mbou-Mon-Tour prévoit d’étendre ce modèle à quatre autres concessions. L’objectif est de protéger davantage d’écosystèmes, d’améliorer la connectivité écologique entre forêts, et d’ouvrir à d’autres villages l’accès à un modèle économique durable.
Une forêt devenue espoir
Dans les six villages concernés, la forêt est désormais perçue comme un bien commun à préserver. L’écotourisme ne se limite pas à une source de revenus : il devient un vecteur de résilience climatique, de transmission culturelle et de développement durable.
Ce projet illustre le potentiel de l’écotourisme communautaire comme outil de protection des forêts tropicales et modèle inspirant pour d’autres régions du Bassin du Congo, où les communautés locales peuvent jouer un rôle central dans la préservation des derniers grands massifs forestiers de la planète.
Augustine KASAMBULE
